Depuis aussi longtemps que les Finlandais construisent des saunas, ils en parlent dans le langage du bien-être. Lorsque l’UNESCO a inscrit la culture finlandaise du sauna au patrimoine culturel immatériel en décembre 2020, elle a utilisé l’expression « purifier le corps et l’esprit, et accueillir un sentiment de paix intérieure ». Ce vocabulaire est volontairement culturel, non clinique, et nous nous sommes appliqués, dans ces pages, à ne pas le travestir en médecine.
De temps à autre, néanmoins, paraît un travail qui mérite d’être lu pour lui-même. Un article publié ce printemps dans la revue Temperature en fait partie.
Ce qu’ont fait les chercheurs
Une équipe dirigée par le professeur Jari Laukkanen, de l’Université de Finlande de l’Est, et par Ilkka Heinonen, chercheur de l’Académie à l’Université de Turku, a mené une étude contrôlée sur 51 adultes d’âge moyen : 27 femmes et 24 hommes, âge moyen 50 ans. Chaque participant est resté trente minutes dans un sauna finlandais à 73 °C, avec une brève douche froide à la moitié de la séance. Les chercheurs ont mesuré les cellules immunitaires et un large panel de cytokines (les signaux chimiques par lesquels les cellules immunitaires communiquent) avant, pendant et après la séance.
L’étude a été publiée le 31 mars 2026 dans Temperature, revue à comité de lecture de physiologie de la température corporelle, et son résultat principal est net.
Ce qu’ils ont trouvé
Une seule séance de sauna a poussé des globules blancs dans la circulation. Les neutrophiles et les lymphocytes, cellules immunitaires les plus nombreuses dans le sang, ont augmenté pendant la séance puis sont revenus à leur niveau de base dans la demi-heure qui a suivi la fin. Un groupe combiné de monocytes, éosinophiles et basophiles, que les chercheurs ont regroupés sous l’étiquette de cellules MXD, est resté légèrement élevé un peu plus longtemps.
Le versant des signaux chimiques s’est révélé plus calme que prévu. Sur les trente-sept cytokines mesurées, seules deux ont changé de manière significative après la séance, et toutes deux à la baisse. Quelques autres étaient corrélées à l’ampleur de l’élévation de la température corporelle de chaque personne ; la réponse des globules blancs, elle, ne l’était pas.
Selon Ilkka Heinonen, cité dans le communiqué de presse de l’Université de Finlande de l’Est :
« Cela pourrait indiquer que le sauna mobilise des globules blancs supplémentaires depuis les tissus vers la circulation sanguine, où ils sont ensuite redéposés après la séance. Ce type de libération périodique de globules blancs dans le sang est bénéfique, car une fois sortis de leurs sites de stockage, ils patrouillent mieux dans l’organisme et répondent mieux aux agents pathogènes. »
Autrement dit, le sauna semble produire un effet que le système immunitaire opère déjà en réponse à l’exercice physique : envoyer en patrouille les cellules circulantes, puis les remettre en réserve. C’est un effet de mobilisation, pas une alerte chimique.
Ce que les chercheurs n’affirment pas
C’est ici que le style maison d’iHKA compte. L’étude a examiné une séance unique et ses effets immédiats, non la santé à long terme. Les chercheurs le disent clairement dans le communiqué accompagnant la publication : « aucune conclusion définitive ne peut être tirée, sur le développement d’effets à long terme sur la santé », à partir de cette seule étude.
Il existe une littérature plus large suggérant que la pratique régulière du sauna finlandais est associée à un moindre risque pour plusieurs pathologies, en grande partie issue des travaux antérieurs du professeur Laukkanen lui-même. C’est une autre question, que nous ne prétendrons pas trancher dans un seul billet de journal. La nouvelle découverte est plus étroite et plus précise : trente minutes de chaleur agissent de manière mesurable sur les cellules immunitaires du sang, en temps réel.
Pourquoi cela colle à la tradition finlandaise
Ce qui nous réjouit discrètement dans cette étude, c’est à quel point elle épouse la manière dont les Finlandais ont toujours utilisé le sauna. Le protocole retenu par les chercheurs — trente minutes à 73 °C avec une pause froide au milieu — n’est pas un dispositif clinique artificiel. C’est, à peu de chose près, un samedi soir ordinaire en Finlande. Le schéma cyclique chaleur-froid-chaleur est la pratique que l’UNESCO a reconnue, et c’est le schéma qui a produit la réponse mesurée par les chercheurs.
Nous ne ferons pas du sauna un appareil médical. Il n’en est pas un. Mais lorsqu’une étude soignée, à comité de lecture, utilise le véritable sauna finlandais, à une véritable température finlandaise, avec une véritable pause de refroidissement à la finlandaise, et constate que le corps réagit de manière cohérente et mesurable, cela mérite d’être noté. La tradition porte ses propres preuves discrètes.
Une note sur les sources
Cet article s’appuie sur deux comptes rendus de l’étude publiés par News-Medical (9 et 17 avril 2026) ainsi que sur la notice originale du journal. L’article complet est paru dans Temperature et est accessible via le lien DOI ci-dessous.
Sources
- Heinonen, I. H. A., Koivula, T., Hollmén, M., Immonen, J., Kunutsor, S. K., Jalkanen, S., & Laukkanen, J. A. (2026). Acute Finnish sauna heat exposure induces stronger immune cell than cytokine responses. Temperature. DOI : 10.1080/23328940.2026.2645467
- Communiqué de presse de l’Université de Finlande de l’Est, repris par News-Medical, « Sauna bathing boosts white blood cells for better immune defense », 9 avril 2026 : news-medical.net
- Thomas, L., « A single sauna session boosts immune cells within minutes », News-Medical, 17 avril 2026 : news-medical.net
- Inscription de la culture finlandaise du sauna par l’UNESCO, décembre 2020.
Questions fréquentes
Qu’a montré la nouvelle étude finlandaise sur le sauna et le système immunitaire ?
Une seule séance de sauna finlandais de 30 minutes à 73 °C a poussé dans la circulation sanguine des globules blancs, notamment les neutrophiles et les lymphocytes, pendant la séance. Les cellules sont revenues à leur niveau de base environ trente minutes après la fin. La réponse cytokinique a été étonnamment discrète : sur les trente-sept cytokines mesurées, seules deux ont changé de manière significative, et toutes deux à la baisse.
Comment l’étude a-t-elle été conçue ?
Une équipe dirigée par le professeur Jari Laukkanen, de l’Université de Finlande de l’Est, et par Ilkka Heinonen, chercheur de l’Académie à l’Université de Turku, a recruté 51 adultes d’âge moyen (27 femmes, 24 hommes, âge moyen 50 ans). Chaque participant est resté trente minutes dans un sauna finlandais à 73 °C, avec une brève douche froide à la moitié de la séance. Des prélèvements sanguins ont été réalisés avant, pendant et après la séance.
Cela prouve-t-il que le sauna renforce l’immunité sur le long terme ?
Non. Les chercheurs ont été explicites sur ce point : l’étude porte sur une séance unique et ses effets immédiats, pas sur des résultats de santé à long terme. Le communiqué accompagnant la publication précise qu’aucune conclusion définitive sur les effets à long terme ne peut être tirée de cette seule étude.
Où la recherche a-t-elle été publiée ?
L’article a été publié le 31 mars 2026 dans Temperature, revue à comité de lecture de physiologie de la température corporelle, sous le titre « Acute Finnish sauna heat exposure induces stronger immune cell than cytokine responses ».
Pourquoi cela compte-t-il pour la culture finlandaise du sauna ?
L’étude a utilisé un protocole authentiquement finlandais : trente minutes à 73 °C avec une pause froide au milieu. Ce n’est pas un dispositif clinique artificiel, mais à peu de chose près un samedi soir ordinaire en Finlande. L’UNESCO a inscrit la culture finlandaise du sauna au patrimoine culturel immatériel en 2020. Les résultats montrent que le corps répond de manière cohérente et mesurable à ce schéma cyclique chaud-froid-chaud que les Finlandais pratiquent depuis des siècles.



